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Les vétérans olympiques et paralympiques décident qu’il est temps de se retirer

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Par Jim Morris

La décision n’a pas toujours été facile, mais plusieurs athlètes de Natation Canada ont décidé qu’il était temps de prendre leur retraite du sport.

Leurs raisons peuvent varier, mais tous s’entendent pour dire que les années de compétition dans la piscine les ont aidés à se préparer pour la vie en dehors de la natation.

Les athlètes olympiques qui se retirent sont Emily Overholt, médaillée de bronze au relai 4×200 m libre aux Jeux de Rio en 2016, et Mack Darragh, détenteur du record canadien au 200 m papillon. Morgan Bird, qui faisait partie du relai 4×100 m libre médaillé de bronze aux Jeux de Tokyo 2020, et la vétérane Tammy Cunnington quittent l’équipe paralympique.

Comme tous les athlètes, Overholt a dû gérer le stress de la pandémie, mais elle a également dû composer avec une opération au tibia. Lors des Essais olympiques de natation présentés par Bell, elle a remporté le 200 m papillon et s’est classée deuxième au 400 m libre, mais ses temps n’étaient pas suffisants pour lui mériter une place sur l’équipe olympique canadienne en route vers Tokyo.

« Je ne dirais pas que de me retirer a été une décision difficile, » explique l’athlète de 24 ans de West Vancouver, C.-B., qui s’entrainait au Centre de haute performance – Vancouver avec Tom Johnson.

« Je pense qu’avec tout ce qui est arrivé l’an dernier, j’étais prête à finir. Je savais qu’après les essais, ou après les olympiques si j’y allais, ça allait être terminé pour moi. »

Le moment fort de la carrière d’Overholt a été les Jeux panaméricains de Toronto en 2015, où elle a remporté l’or au 400 m libre et l’argent au 200 m libre. Elle faisait également partie du relai 4×200 m libre qui a remporté le bronze, qu’elle a d’ailleurs nagé peu de temps après sa disqualification au 400 m QNI à cause d’un virage illégal.

« C’est probablement l’une des compétitions auxquelles j’ai eu le plus de plaisir. Le fait de nager avec Équipe Canada au Canada avec toute ma famille dans les estrades était vraiment spécial, » se souvient-elle.

Darragh a nagé le papillon dans le relai masculin 4×100 m QNI qui s’est classé 16e aux Jeux de Rio. L’un de ses meilleurs souvenirs est sa médaille de bronze au 200 m papillon aux Championnats du monde de la jeunesse de la FINA au Pérou.

Aux Essais olympiques cette année, le nageur de 27 ans a remporté le 200 m papillon, sans toutefois nager sous le temps de qualification. Il a pensé continuer à s’entrainer dans le but de se qualifier pour les Jeux de Paris en 2024, mais a décidé que ce n’était pas une option raisonnable.

« Mon rêve a toujours été de finir après des Jeux olympiques, » explique Darragh, qui est natif d’Oakville, en Ontario, et s’entrainait au Centre de haute performance – Ontario sous la direction de Ben Titley.

« Paris est tellement loin, je serais dans la trentaine. Ça devient de plus en plus difficile selon l’évolution de la pandémie. »

Bird, qui est née avec la paralysie cérébrale, a pensé se retirer après les Jeux paralympiques de Rio.

« Je me disais que je ne me rendrais pas service, car je n’avais pas de plan de retraite et je n’avais pas l’impression d’en avoir fini avec le sport, » dit la nageuse de 28 ans, originaire de Calgary, qui s’entrainait au CHP – Québec avec Mike Thompson.

Elle avait prévu arrêter après Tokyo, alors sa médaille de bronze au relai était un bonus.

« Je n’aurais jamais cru pouvoir dire que j’étais une médaillée paralympique, » dit Bird. « Remporter une médaille de bronze avec mes coéquipières dans un relai est la cerise sur le sundae. »

« J’aime les relais, car ils permettent de vivre une course avec nos coéquipiers. Le fait de me trouver sur le podium avec trois de mes meilleures amies… On ne peut pas demander une meilleure fin de carrière. »

Cunnington, âgée de 45 ans, a établi des records canadiens et du monde dans sa catégorie. Elle a nagé trois épreuves à Tokyo, mais ne s’est pas qualifiée pour les finales.

« Je pense que ce n’est jamais une décision facile, » dit la résidente de Red Deer, en Alberta, qui s’entrainait avec Mandi Smith au Red Deer Catalina Swim Club. « C’est difficile même quand on sait que c’est le bon moment. »

La double paralympienne avait six ans lorsqu’elle a été frappée par un avion au spectacle aérien de Ponoka, en Alberta. L’accident l’a laissée paraplégique avec l’usage de son bras droit, son tronc et ses épaules. Avant de nager, elle a joué au basket en fauteuil roulant au niveau national et a participé à des compétitions de triathlon.

Elle dit que la natation de compétition lui a donné de sentiment de confiance et d’accomplissement.

« Je suis passée de blessée et près de la mort aux compétitions à Rio et Tokyo, » dit-elle.

« J’ai travaillé vraiment fort et tout mon dévouement et ma motivation ont vraiment valu la peine quand j’ai réussi à me qualifier pour ces équipes. Ça m’a donné un regain de confiance de savoir que je pouvais faire des choses difficiles. C’est important pour moi. »

Pendant sa carrière, Overholt a remporté des médailles de bronze lors de deux championnats du monde. Elle a aussi dû jongler avec des blessures et la dépression.

« Quand je repense à ma carrière, une bonne partie ne concerne pas vraiment la natation. C’est surtout les relations, mes entraineurs, mes amis, » dit-elle. « Je suis toujours en contact avec Tom et d’autres membres du personnel du centre de Vancouver. »

« C’est vraiment une connexion spéciale et je crois que la plupart de mes moments forts ont rapport à ça. »

Bird, qui a remporté une médaille d’argent aux Jeux du Commonwealth en 2018 et deux de bronze aux Championnats panpacifiques de paranatation la même année, dit que la natation lui a inculqué une mentalité déterminée bien plus que n’importe quel emploi qu’elle aurait pu occuper.

Darragh dit que la natation lui a appris à se concentrer sur ses objectifs et à persévérer, des compétences qu’il espère pouvoir appliquer à sa nouvelle carrière en marketing.

« On ne peut pas se rendre loin en natation sans une bonne éthique de travail et sans travailler fort tout le temps, » dit-il.

Cunnington prévoit dévouer plus de temps à travailler avec le groupe Rapides et Radieuses, un groupe qui vise à montrer aux jeunes filles les avantages de rester dans le sport. Ancienne membre du Conseil des athlètes de Natation Canada, elle désire continuer à militer pour des sports sécuritaires.

« Je veux faire partie du groupe qui peut améliorer la culture des sports d’élite, » dit-elle.

Bird détient un diplôme en études de l’enfant et suit des cours en ligne sur l’activité physique adaptée.

« La natation a fait partie de ma vie pendant 17 ans et je n’arrive pas à imaginer ma vie sans elle, » dit-elle. « Je veux rester aussi impliquée que possible. »

Overholt dit que ses expériences en tant que membre d’équipes nationales de natation vont l’aider dans sa carrière de travailleuse sociale.

« Je pense que maintenant que c’est fini, je suis encore plus fière de ce que j’ai accompli que pendant que je nageais, » dit-elle. « J’étais prête à finir et maintenant que c’est fait, je l’apprécie un peu plus. »

Samantha Ryan, qui a établi un record canadien et s’est classée cinquième au 100 m papillon aux Jeux paralympiques de Rio, et Sarah Girard, médaillée de bronze des Para Pan Pac en 2018 et des Jeux parapanaméricains de Toronto en 2015, prennent également leur retraite.

La liste des nageurs qui ont pris leur retraite dans la dernière année compte également Alyson Ackman, Sarah Darcel, Richard Funk, Tyler Wall, Josiah Binnema, Will Pisani et Mackenzie Padington.