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Après avoir dû se contenter de l’argent olympique, Masse est motivée pour les mondiaux

Articles de fond –

Par Jim Morris

Depuis 2017, Kylie Masse a remporté toutes les courses majeures de 100 m dos auxquelles elle s’est inscrite : championnats du monde, Jeux du Commonwealth, championnats panpacifiques, essais olympiques. Elle était imbattable.

Cette série de victoires a pris fin aux Jeux olympiques de Tokyo 2020, lors desquelles Masse a terminé deuxième, derrière l’Australienne Kaylee McKeown. Son visage disait tout. Pendant quelques secondes, son sourire rayonnant a disparu. L’étincelle dans ses yeux s’est éteinte.

« Je voulais plus que tout me tenir au sommet du podium, » explique l’athlète de 26 ans native de LaSalle, en Ontario, qui s’entraine au Centre de haute performance – Ontario. « C’est le summum de notre sport et j’ai toujours rêvé d’être la meilleure dans ma discipline. »

« Je sais qu’une médaille d’argent, c’est vraiment bon et je suis heureuse d’avoir été sur le podium, mais j’étais un peu déçue, car je visais la médaille d’or. »

Masse cherchera à prendre sa revanche des Olympiques aux championnats du monde de la FINA à Budapest, en Hongrie, qui commenceront le 18 juin. La double championne du monde en titre admet qu’elle se sent d’autant plus motivée suite à son expérience à Tokyo.

« Il est certain que ça ajoute à ma motivation, » dit-elle. « Je suis toujours motivée par mes adversaires. Notre sport est toujours de plus en plus rapide. »

« Je suis tellement honorée de faire partie d’un groupe de femmes incroyables qui repoussent les limites au dos. Je veux marquer l’histoire. »

Ryan Mallette, l’entraineur de Masse au centre de l’Ontario, dit d’elle qu’elle est « l’athlète la plus professionnelle jour après jour » avec qui il a travaillé.

« Tout ce qu’elle fait est toujours dans le but d’améliorer ses résultats, » commente Mallette. « Elle prend soin d’elle en dehors de la piscine. Elle donne tout ce qu’elle a en salle de musculation. Elle s’entraine bien tous les jours et se concentre sur tous les petits détails. »

« Elle est très compétitive. Elle a hâte de revenir à une compétition pour toucher au mur en premier. »

En plus de sa deuxième place au 100 m dos aux Olympiques, Masse a également remporté l’argent au 200 m dos en établissant un nouveau record canadien. Elle faisait également partie du relai 4×100 m quatre nages qui a remporté le bronze avec un autre record canadien.

Sa récolte de médailles était impressionnante, mais il manquait encore une couleur qu’elle visait en allant aux Jeux.

« En allant aux Jeux, je savais que ça serait un défi, » commente-t-elle. « La profondeur est incroyable. Je savais qu’il serait difficile de finir au sommet du podium. Il faut pouvoir bien se rajuster, bien récupérer et se concentrer sur les bonnes choses pour avancer. Quand c’est fini, c’est fini. Il y a d’autres courses. Notre sport est tout un processus. »

« Je crois que j’ai encore des choses à améliorer : l’habileté, la technique, la stratégie de course. Des choses sur lesquelles je veux travailler, peu importe ce que les autres font. »

Masse a d’abord attiré l’attention en remportant la médaille de bronze au 100 m dos lors des Jeux olympiques de Rio en 2016. Le monde de la natation l’a vraiment remarquée après sa victoire et un nouveau record du monde au 100 m dos aux championnats du monde 2017. Deux ans plus tard, elle est devenue la première Canadienne à défendre un titre mondial lorsqu’elle a remporté la course aux championnats du monde FINA 2019 à Gwangju.

Aux championnats panpacifiques 2018, Masse a remporté l’or au 100 m dos et établi un nouveau record des championnats panpacifiques lors des préliminaires. Aux Jeux du Commonwealth 2018, Masse a remporté l’or et établi un record des Jeux du Commonwealth au 100 m dos et au 200 m dos, des titres qu’elle espère défendre avec succès cet été à Birmingham, en Angleterre. Elle a été couronnée nageuse de l’année de Natation Canada en 2017, 2018 et 2019.

Aux Essais canadiens de natation Bell à Victoria, Masse s’est mérité une place au sein de l’équipe nationale en remportant les trois épreuves de dos et le 50 m papillon.

Pendant sa carrière, Masse a été à la fois la nageuse au sommet et celle qui tentait d’y arriver. Mallette dit qu’il est « beaucoup plus difficile de défendre » un titre que de le remporter.

« Il y a une philosophie qui s’y rapporte qui est éreintante, » dit-il. « Tout le monde essaie de vous battre en tout temps. »

« C’est plus amusant pour un nageur qui arrive, lorsque la cible est sur quelqu’un d’autre. Il y a moins de pression. On ne s’attend pas à ce qu’il gagne. Ce n’est pas tout le monde qui peut le gérer. Elle a réussi à le gérer mieux que quiconque. »

À un moment où certains athlètes ont de la difficulté avec leur santé mentale à cause de la pression du sport, Masse réussit à mettre les choses en perspective.

« C’est une combinaison de beaucoup de choses et de personnes, » dit-elle. « Mes amis, mes entraineurs et mes coéquipiers. »

« Je crois que c’est important de garder un bon état d’esprit dans notre sport et ça m’a aidé en cours de route à avoir une meilleure longévité. »

Il est important d’avoir des loisirs en dehors du sport. Masse aime le plein air, la musique et la danse. Elle aime passer du temps avec ses amis, mais également de passer du temps seule.

« J’aime avoir du plaisir dans ce que je fais et trouver un équilibre entre la natation et les autres choses dans ma vie, » explique-t-elle. « La natation c’est toute ma vie, mais en même temps, ce n’est pas tout. »

« C’est important pour moi de trouver un équilibre, que ce soit avec mes amis, avec ma famille ou dans mes loisirs. Je dois trouver des choses qui me font penser à autre chose qu’au sport : je crois que ça me motive encore plus quand j’y reviens. »